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L'ART URBAIN...du mur à l'atelier...

108, 36RECYCLAB, Alexandros Vasmoulakis, Eelus, Gérard Zlotykamien, Herakut, Imminent Disaster, Jazi, Jaybo, Jean Faucheur, John Fekner et Don Leicht, Kofie, Lady Pink, L’ATLAS, Marco Pho Grassi, Nick Walker, Thomas Fiebig, TRYONE, Victor Ash.

Exposition du 16 Octobre au 4 Décembre 2010

Vernissage le Samedi 16 Octobre 2010 18:00 – 21:00
Exposition du 16 Octobre au 4 Décembre 2010
Mardi – Samedi  11:00 - 19:00

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La rue, laboratoire d’un nouveau mode d’expression

Un art est né dans la rue parce que ses auteurs ne se définissaient pas comme des artistes. C’était là, la révolution. Des jeunes aux doigts errants, voulaient simplement rappeler leur existence en prenant à partie un paysage urbain, prison de briques et de pierres, souvent délabrée, qui servait de décor à leur vie. Depuis maintenant plus d’un demi-siècle, l’esthétique des cités s’en est trouvée modifiée.

On a souvent dénoncé le spontanéisme immature de ces peintres clandestins qui n’obéissaient en réalité qu’à un besoin instinctif d’expression visant à déconstruire un certain académisme des formes. D’abord terrain d’expérimentation de jeunes “amateurs”, la rue est devenue le lieu d’exposition d’artistes issus des meilleures écoles allant à la rencontre d’un public, souvent absent des musées.

A rebours de l’individualisme traditionnel du créateur, ces artistes ont su développer générosité et sens du partage pour élaborer des projets collectifs.  Ils ont également renouvelé les outils traditionnels de la peinture en explorant toutes les techniques et tous les types de supports. Certains d’entre eux en revisitent l’aspect figuratif avec l’ironie d’un langage métaphorique. D’autres s’approprient aussi le multimédia pour nous sensibiliser aux dangers du monde virtuel.  

L’art urbain est désormais un art de vivre pour beaucoup de ses adeptes, artistes authentiques à l’inspiration variée qui entendent créer en toute légalité, sur des supports autorisés. 

Surgit alors un paradoxe : comment ces innovateurs nomades, ayant élu la rue comme terrain d’expérimentation, habitués à y exposer des travaux destinés à disparaître, comment ces acteurs du provisoire peuvent-ils se laisser enfermer dans un musée ou une galerie ?  

Une chose est sûre : en investissant « l’intérieur », en renonçant à leur clandestinité, ces artistes ne perdent rien de leur authenticité.  Ils revendiquent simplement une inspiration différente mais fidèle à leur démarche créatrice. Tous se promettent également de retourner s’exprimer dans la rue.  Cette tendance n’est pas nouvelle. Le passage du mur et du wagon au support léger, mobile et collectionnable se produit déjà à New York dès la fin des années 70, avec Crash, Lady Pink…!

Face à ces tentatives qui se mondialisent que pense le citadin de ces « œuvres » qu’on lui met sous le nez ?  Il demeure sceptique, parfois choqué, souvent dérouté. Institutions et critiques en ont tiré prétexte pour tenir à l’écart ces fabricants de signes indéchiffrables, ravalés au rang de propagateurs d’une sous culture de ghetto aux slogans parfois subversifs.

La presse, de son côté, a fait preuve d’une étonnante absence de curiosité à l’égard de ce mouvement quand elle ne l’a pas fustigé allant jusqu’à le traiter « d’art dégénéré ».

Les musées l’ont largement ignoré. Les collectionneurs, mal informés, ne pouvaient que se montrer frileux à son endroit.

Un tel contexte assigne à l’art urbain une place singulière dans l’histoire et ne facilite pas sa reconnaissance comme mouvement artistique à part entière. Même si la situation évolue lentement, à ce jour en France, très peu d’expositions lui ont été consacrées. Elles ont notamment peu pris en compte la variété des techniques qu’il met en œuvre, ni la richesse de son inspiration, passant même à côté de certains de ses grands acteurs.

Il n’était que temps de témoigner de l’importance d’un des élans créatifs les plus révolutionnaires du Vingtième siècle car inscrit dans une époque condamnée à l’entassement humain dont il réinvente les formes d’art pictural.

Pour rendre compte de son ampleur, Addict Galerie lui consacre deux expositions, la première débutera le 16 Octobre 2010. Ce panorama voudrait témoigner du foisonnement des talents qui l’irradie. Seront entre autres rassemblées les œuvres de plus de quarante artistes internationaux, des pionniers tels Gérard Zlotykamien, John Crash Matos, Doze Green, Lady Pink, John Fekner et Don Leicht, Jean Faucheur, Toxic… jusqu’aux jeunes talents tels Imminent Disaster, Jazi, Alexandros Vasmoulakis, 36RECYCLAB, Mambo…Partageront aussi ses murs Jaybo, Marco Pho Grassi, Victor Ash, Herakut, Andrew Mc Attee, Nick Walker, Kofie, Boris Hoppek, Thomas Fiebig, L’ATLAS, Mist, TRYONE, Smash 137, Eelus,  Dtagno, 108, Phil Frost …

Ce projet unique en son genre suppose une subjectivité dans les choix dont Addict Galerie a conscience et qu’elle assume librement. Il s’agit pour nous de révéler, loin des sentiers battus, la cohérence d’un mode d’expression qui, à travers sa multiplicité, s’affirme comme imaginatif, inspirant et novateur.

La scénographie proposée scande en deux temps le parcours de ce panorama sans en briser l’unité même si la première étape comporte une dominante plus abstraite et la seconde plus figurative. Cette approche conforte au contraire une vision globale qui voudrait souligner la réussite du passage de cet art en galerie.

Par cette initiative hors norme, Addict Galerie souhaite rendre justice à l’art urbain et l’aider à asseoir sa légitimité artistique.

Laetitia Hecht et René Bonnell